Qu’est-ce que la Chloroquine ?

Remède miracle ou faux espoir ? L'utilisation de ce médicament qui a prouvé son efficacité dans le traitement du paludisme, fait polémique. La chloroquine est au cœur des débats ces dernier jours dans le cadre de la lutte contre le nouveau coronavirus. Qu'est-ce que la Chloroquine ? Nous vous répondons dans cet article.

Qu'est-ce que la Chloroquine ?

La chloroquine (ou chloroquinine) est un antipaludique de la famille des 4-aminoquinoléines. Avec la quinine, dont elle est un substitut synthétique, et l’hydroxychloroquine, une molécule qui lui est proche, elle est le traitement qui a été le plus employé contre le paludisme, en préventif comme en curatif.

Elle est aussi très utilisée contre des maladies auto-immunes telles que le lupus et des maladies rhumatoïdes telles que la polyarthrite rhumatoïde. Elle montre in vitro des effets antiviraux, mais qu’on n’arrive pas ou mal à reproduire in vivo.

L'utilisation de la Chloroquine contre le Coronavirus ?

professeur Didier Raoult

Le controversé Pr Raoult a publié une nouvelle étude sur un dérivé de la chloroquine, qui confirme selon lui «l’efficacité» de ce traitement contre le coronavirus, mais cette affirmation est contestée par de nombreux scientifiques.

Le Français est au centre d’un débat mondial sur l’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine pour combattre le coronavirus.

L’étude inclut 80 patients dont la moitié a moins de 52 ans et demi, suivis pendant 6 à 10 jours courant mars à l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille. Tous ont reçu un traitement associant hydroxychloroquine et azithromycine.

Selon l’étude, 65 patients (81%) ont connu «une évolution favorable» et sont sortis de l’hôpital au bout de moins de cinq jours en moyenne, un patient de 74 ans était toujours en soins intensifs au terme de l’étude et un autre de 86 ans était mort.

En outre, l’étude affirme que la plupart des patients a connu une «diminution rapide» de leur charge virale, en moins d’une semaine.

L’équipe médicale n’a par ailleurs pas utilisé de groupe témoin pour son étude, c’est-à-dire des patients qui ne sont pas soumis au même traitement.

Ainsi, on ne peut pas assurer scientifiquement que les malades hospitalisés à Marseille et qui allaient mieux ont bénéficié du traitement qui leur a été donné ou d’autres facteurs.

 » Je serais ravi d’apprendre que ce traitement est efficace mais il faut que cela repose sur des arguments scientifiques car prescrire un médicament n’est jamais anodin « , souligne le professeur Jean-Daniel Leliève, infectiologue à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil.

D’autant que ce médicament est potentiellement toxique sur le cœur chez des patients dont l’infection donne des atteintes cardiaques ».

Pourquoi ce médicament serait-il efficace ?

Par rapport à d’autres molécules, la chloroquine et l’hydroxychloroquine ont l’avantage d’être déjà disponibles, bon marché et bien connues. 

Avant même la pandémie provoquée par le SARS-CoV-2 (le nom scientifique du virus), leurs propriétés antivirales ont fait l’objet de nombreuses études, in vitro ou sur des animaux et sur différents virus.

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